Nos réalisations
LIVRE
TRAVEL MEDICINE TEXBOOK SECOND EDITION
INTERNATIONAL ADOPTION
Collaborateurs : Jean-François Chicoine & Dominique Tessier
Dans
TRAVEL MEDICINE 2 ieme édition
Éditeurs : Mosbey, Londres 2008
THIRD EDITION 2011
The second edition of this popular text features a team of international experts who discuss all aspects of travel medicine from immunizations and pre-travel advice for adults and children? to the latest information on cruise travel, bird flu, and SARS? to the essentials of post-travel screening.
It reflects current 'best practices' and remains both the leading comprehensive reference text on the principles and practice of travel medicine and a rich resource of practical guidance that you can use daily. And, as an Expert Consult title, this thoroughly updated second edition comes with access to the complete contents online, fully searchable enabling you to consult it rapidly from any computer with an Internet connection.
EXTRAIT DU CHAPITRE : INTERNATIONAL ADOPTION
Several Scandinavian and American studies indicate that the majority of overseas adopted children will enjoy a balanced adolescence on a socioemotional level, both from the family and educational point of view. On the other hand, a significant study from the Netherlands on 2118 youths aged 10–15 years, who had been adopted abroad in early childhood, showed a high prevalence of behavioral disorders such as delinquency, aggressiveness, and depression, especially among the boys. The younger the child was at adoption, the lower was the risk of socioemotional maladaptation and neuropsychological problems during the teenage years. In future the world of adoption will be altered significantly as the age of the adopted child increases. Some retrospective studies note that the prevalence of attention deficit disorders in children adopted abroad may be associated with a history of small birth weight or prolonged severe malnutrition. There are few prospective and long-term studies. Existing data indicate that adopted children do not form a homogenous group and have variable development in childhood.
Central to a successful social adaptation is an identity search. The box containing the child’s garments at the time of adoption, the plane tickets, and the photographs and videos of the trip will facilitate the development of identity. A lack of self-esteem, a major disability, and experiences of racism, may result in the failure of certain children to solve their personal search and consequently their social adequacy.
In spite of their importance, developmental delays, attachment problems, and post-institutional autism should give rise to supportive care on the arrival of the child rather than to hasty diagnoses and irrevocable labels by adoptive parents or the medical care team. Separating the child from his or her new parents for medical evaluations will be a new experience of rupture, and is particularly trying for an adopted child who re-visits past break-ups The capacity of these children and adolescents to develop trust towards adults to whom they are attached weakens considerably.
Some children more than others will have the capacity to rebound; their strength often lies in their empathy, capacity to organize, autonomy, and even in their sense of humor. Good interpersonal relationships before adoption and an early adoption by a loving and qualified family are factors that make it possible to ensure the establishment of permanent family bonds and to reduce the impact of childhood abandonment. From adversity and in abandonment, international adoption brings new challenges and rewards both for the adopted child and the new parents. But most of all, it enables all members to travel a new path towards growth and evolution as a family.
REVUE
PRISME : « L’ADOPTION, L’ÉTAT DES LIEUX »
FRANCHIR LE RUBICON
Auteurs: Jean-François Chicoine & Johanne Lemieux
Dans
PRISME : « L’ADOPTION, L’ÉTAT DES LIEUX
Collectif d'auteurs sous la direction de: Martin St-André, Michel Carignan & Denise Marchand
Éditeur: Éditions du CHU Sainte-Justine, Montréal, Québec, 2007
Le lecteur qui aborde un ouvrage sur l’adoption réalise rapidement que ce thème recouvre des dimensions extrêmement variées. Ce quarantième dossier de PRISME présente un ensemble de points de vue sur cette problématique qui touche de plus en plus d’enfants et de familles au Québec et à l’étranger.
Parmi les dossiers abordés, la recherche, la clinique, les polémiques, les parcours de pratiques et les plaidoyers. Au sein des collaborateurs, Johanne Lemieux, travailleuse sociale et Jean-François Chicoine, pédiatre dans « Pratiques en adoption internationale : comment franchir le Rubicon américano-européen »
EXTRAIT DU CHAPITRE : PRATIQUES EN ADOPTION INTERNATIONALE
Pratiques en adoption internationale : comment franchir le Rubicon américano-européen
Par Jean-François Chicoine & Johanne Lemieux
Dans L’adoption : l’état des lieux
Prisme no 46, pages 130-151, CHU Sainte-Justine, 2007
Entre l’Europe francophone et notre « Terre d’Amérique », il existe une réelle différence de perception du travail professionnel à instituer en adoption internationale : imaginons cet écart comme un Rubicon, pour donner à penser qu’en provoquant le croisement des regards, il sera possible de franchir la distance honorable pour simplifier les arrimages académiques ainsi que les soins conséquents aux populations concernées d’enfants et de familles adoptives.
Les divergences de conception se retrouvent à la fois dans la manière d’accueillir l’enfant dans son individualité - face à ces options individuelles que sont notamment le kwashiorkor, les déficits sensoriels ou les effets psychosociaux des ruptures — que dans l’encadrement de la famille adoptive dans l’exercice de sa parentalité à options – en vertu de ces options parentales que sont notamment le deuil de l’enfant biologique ou l’ouverture ethnique nécessaire. Entre les pays et les continents, les « manières » familiales et sociales sont différentes, et d’autant plus difficiles à modeler entre les espaces ruraux des uns et la vie urbaine des autres. Les pratiques pédiatriques et psychologiques courantes face à des comportements adaptatifs, pensons par exemple aux colères et aux troubles de sommeil, ou encore face des problématiques plus prévalentes quand on examine les enfants victimes d’abandon ou de négligence, tel le déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (nommé hyperkinésie en Europe), le syndrome post-traumatique (en émergence dans les diagnostics reconnus) ou les troubles de l’attachement (autrement nommé selon les écoles, les disciplines ou les nationalités), viennent d’autant plus élargir la dissemblance déjà en place. Les ressources thérapeutiques pharmacologiques, dont les prescriptions de stimulants ou de psychotropes, font aussi l’objet d’attitudes variées, qui sont autant de manières de concevoir des prescripteurs. Pendant des années, pour citer un exemple prosaïque, le continent européen traitait ses gastro-entérites à la soupe aux carottes tandis que l’Amérique du Nord s’affairait à stopper le lait dans la diète des enfants contaminés. Les temps ont changé et, foi du destin, ni la soupe à la carotte ni l’alimentation sans lactose n’ont su survivre aux manières scientifiques de faire. En 2006 donc, les défis proposés par l’adoption d’enfants carencés sont pour le moins plus complexes que ces enjeux entériques puisque toutes les sphères pédiatriques s’en trouvent quotidiennement impliquées, de l’infectiologie à l’ethnopsychiatrie. Les comparaisons atlantiques constructives, d’ailleurs fort peu documentées, sinon par la rumeur, y trouvent certainement l’un de leurs plus grands défis pratiques dans la volonté d’exercice « tout en ouverture » de la médecine et des disciplines reliées.
Notre expertise nationale et outre-Atlantique auprès des professionnels, au sein des associations familiales et auprès des ministères étrangers, nous aura permis de mesurer à quel point, malgré des prémisses éthiques généralement communes, pour le moins dans les discours et les conventions de protection de l’enfance, les actions souhaitées et pratiquées par les acteurs en place en adoption internationale étaient profondément influencées par des facteurs culturels aptes à modifier les attitudes auprès des familles autant que les interventions consécutives. Pour l’adopté, les répercussions en matière de santé physique, affective, scolaire et identitaire sont directes; pour sa famille adoptive, ses pairs, ses professeurs, ses soignants, si elles ne sont pas toujours avouées, des implications sont tout au moins souterraines. Dans la foulée de nos observations cliniques et pédagogiques, nous vous présentons ici humblement des pistes de réflexion que nos relations étroites avec nos confrères et consœurs d’outre-Atlantique auront rendues possibles.
À titre de coup d’envoi, il faut d’abord reconnaître que l’imprimatur des groupes bénévoles et caritatifs est prédominant dans le tableau de l’aide à l’enfance en France, en Belgique et en Suisse, y compris donc en matière de projet de vie des enfants venus de l’étranger. Les traditions d’adoption des « vieux pays » ont ainsi ces importantes résonances associatives et sociales qui contrastent avec leur peu de services professionnels spécialisés disponibles en adoption. En France, notamment, des groupes de parents adoptants et d’adultes adoptés siégeaient récemment au Conseil Supérieur de l’adoption, alors qu’aucun service d’accueil postadoption multidisciplinaire n’existait encore dans le Tout-Paris. Généralement, cela donne lieu dans l’approche à l’européenne à beaucoup de principes, de règlements et d’arrêtés, souvent fort valables il va sans dire, mais comparativement à notre vécu clinique nord-américain, à beaucoup moins de protocoles d’accueil, que ce soit en matière de dépistage anticipé – par exemple, pour la surdité, l’hépatite B ou le retard développemental - ou de guide de bonne pratique — notamment en matière de mise en place d’équipes paramédicales dédiées aux troubles de l’attachement.
Autre constat : dans ce domaine, comme dans d’autres, la coutume des spécialités hospitalières en France, en Belgique et au Luxembourg n’est pas articulée au communautaire avec autant de déploiement que dans nos centres de services canadiens. Ainsi, nos habitudes évaluatives nord-américaines globalement basées sur l’interdisciplinarité, semblent mieux profiter aux multiples facettes et défis de l’enfant adoptif « et ses familles », selon l’expression du psychanalyste Nazir Hamad. La position stratégique de l’infirmière, notamment comme dispensatrice de soins cliniques, en lien privilégié avec les milieux ou sinon comme référence en immunisation, n’a pas le même genre d’avancées en France et en Belgique où son rôle est parfois limité à celui d’exécutante. Dans la même ligne de pensée, on convient également qu’un centre d’excellence en parasitologie tropicale est tout aussi impuissant à évaluer l’enfant dans son individualité et sa globalité qu’un centre psychanalytique versé dans l’unique analyse filiative. Entre les attitudes hiérarchiques, les organigrammes administratifs et la densité des cas de figure proposées aux Européens qui adoptent en moyenne des enfants plus âgés ou plus « à particularités » que les Québécois, ces difficultés coopératives des différents services voués à prendre en charge des aspects particuliers de la santé des adoptés sont d’autant plus surprenantes qu’il existe globalement en France, par exemple, une proximité et une disponibilité de soins qui se perdent énormément au Canada.
Des querelles de chapelles impressionnantes, entre certains traditionalistes psychanalytiques et les néo-défenseurs de l’approche attachementiste, marquent également de leurs dissemblances toute la pratique clinique. L’approche narrative ou analytique coutumièrement mise en place se dit bousculée par les thérapies familiales interventionnistes aux assises préverbales, et injustement taxée de « forçage », telles que mises en relief par les Anglo-saxons, les Hollandais et les Scandinaves. La théorie de l’attachement et ses bases anatomiques et physiologiques, de plus en plus vérifiables en imagerie cérébrale, posent pourtant clairement la question des difficultés rencontrées en adoption internationale ainsi que les solutions affectives et structurantes qui en découlent dans la concrétisation du conseil parental. Les relations thérapeutiques pédopsychiatriques « serrées » portées sur l’écoute, et dont sont souvent exclus les nouveaux parents, semblent ainsi prendrent de l’importance dans certains milieux européens au détriment d’une approche éducative parentale par les professionnels de l’enfance, une attitude par ailleurs charnière dans la mise en famille de l’enfant abandonné selon nos préceptes nord-américains. À moins de pathologie grave ou d’éclairage diagnostique nécessaire, avec un enfant souffrant de dépression ou de phobies par exemple, où la consultation et le suivi pédopsychiatrique s’imposent, le clinicien québécois fera plus facilement appel, dans sa pratique quotidienne, à l’éducateur, qu’il soit orthopédagogue, psychologue, travailleur social ou psychoéducateur. Dans un discours qui roule souvent à vide, l’approche dite biologique ou scientiste des problématiques adoptives est ainsi critiquée par les tenants des écoles purement langagières qui opposent leur pensée symbolique aux neurosciences et à la construction du système limbique. Au Québec, des approches essentiellement cognitivistes ou encore purement lacaniennes s’interrogent sur les manières de faire des pédiatres, travailleurs sociaux ou juristes québécois en matière d’attachement ou de conseil parental, mais les oppositions intra-muros ne nous semblent pas avoir de commune mesure avec le discours usuel en francophonie européenne où le seuil d’acceptabilité générale est bien loin du compte. Les flous diagnostiques qui persistent sur le terrain entre les troubles sévères du comportement, les troubles de l’attachement et la pathologie dite du lien, l’incongruité transcontinentale de certaines attitudes thérapeutiques en matière d’attachement ne facilite pas la clarification du débat.
...Voir la suite de l'article dans Prisme no 45
SE PROCURER « L’ADOPTION, L’ÉTAT DES LIEUX »
On peut se procurer « PRISME : L’adoption, l’état des lieux » aux Éditions du CHU Sainte-Justine. Les articles sont également répertoriés dans Base Pascal de l’INIST-Repère de la SDM
