Des opinions

FORMATIONS PROFESSIONNELLES

ADOPTEPARENTALITÉ

INTERVENTION EN ATTACHEMENT I,  II, III & IV

 

COURS & CONFÉRENCES AUX PARENTS

ADOPTION

ATTACHEMENT

SCOLARISATION


Formatrice : Johanne Lemieux, travailleuse sociale

Gestion: Julie Leblanc, orthopédagogue

Québec, Canada, Belgique, Luxembourg, France

États-Unis 2002-2012

 



Photo Claude Dolbec : Johanne lemieux et cie., 2003



FORMATIONS PROFESSIONNELLES


Parmi ses outils, le Bureau de Consultation en adoption de Québec (BCAQ) a développé une expertise spécifique aux besoins particuliers des enfants adoptés à l’internationale ainsi que pour les besoins de leurs parents en  créant une nouvelle approche clinique nommée Adopteparentalité.


Cette approche clinique s’enseigne à Le monde est ailleurs et se complete, au besoin, de formations en attachement, de differents niveaux, de l'introduction aux niveau nécessaire pour la prise en charge clinique. Les formations professionnelles s'adressent essentiellement aux professionnels de la santé, des services sociaux, de la psychoéducation et de l'éducation. Selon les thèmes abordés, les sessions durent entre une et cinq journées.

 

OPINIONS SUR LES FORMATIONS EN ADOPTEPARENTALITÉ

Depuis 2002

 

Il serait intéressant de proposer une formation en ©Adopteparentalité.

Par Marie-Christine Emprou-Pajot

Extrait de Panorama de l’adoption internationale au Luxembourg, 2005

 

Auparavant, les couples désireux d’adop­ter se préparaient plus ou moins seuls à leur projet d’adoption. Lectures, docu­mentaires TV, rencontres et échanges dans le meilleur des cas, ils arrivaient au niveau du processus de sélection parfois démunis, parfois bien préparés. Certains, bien au fait de ce que repré­sente l’adoption d’un enfant étran­ger, étaient anxieux mais déterminés, d’autres confiants et réalistes. A l’op­posé, des candidats non préparés abor­daient leur projet « sans parachute », sur leur « petit nuage » avec toutefois des motivations recevables comme une sté­rilité.

 

Certains candidats refusent de voir une différence entre un enfant « fait maison »et un enfant adoptif, ils ne veulent pas lire non plus, car ils ont « peur d’avoir peur », même si cela n’est pas exprimé sous cette forme.

 

Aujourd’hui, des séances de sensibilisa­tion sont proposées aux couples candi­dats à l’image de ce qui est fait en France et en Belgique, ces séances se déroulent normalement en amont de la sélection. Cette sensibilisation n’a pas le but de faire peur ou de décourager, mais a pour objectif d’apporter une information concrète, claire et réaliste sur ce que représentent l’adoption, les comporte­ments et les besoins de l’enfant, de faire tomber les clichés et de répondre aux questions qui préoccupent les futurs candidats à l’adoption.

 

Faire peur peut au contraire paradoxa­lement renforcer les motivations, par­ticulièrement celles où les personnes se posent un défi, celles pour qui faire l’ex­périence de l’adoption est plus impor­tante que désirer un enfant. Cette sensibilisation ne décourage pas cependant certaines motivations très particulières comme la « non-maternité volontaire », le désir d’enfant très tardif de quinquagénaires ou le projet humani­taire de « sauver des enfants » par exem­ple, qui nécessiteront lors de la sélection une attention et une évaluation parti­culières.

 

Il est souhaitable que les professionnels qui animent cette sensibilisation ne participent pas au processus de sélection des candidatures par déontologie. Comme le font les services qui forment des familles d’accueil, il serait intéressant de proposer une formation en ©Adopteparentalité.Cette formation serait donnée aux futurs parents adoptifs, c’est-à-dire des couples ayant déjà obtenu un avis favorable à leur projet d’adoption.

 

Ayant pour objectif d’augmenter les compétences parentales sur la spécificité de l’adoption, cette formation apporterait des connaissances sur l’enfant adopté, ses particularités et particulièrement ses besoins lors de son arrivée et au cours de la première année. Elle aurait pour but la préparation à l’ac­cueil de l’enfant. Ce temps d’échanges fructueux permettrait de répondre à des questions d’ordre médical, psychologique ou social concernant la période d’adaptation de l’enfant à son nouveau milieu familial.

 

Bien des personnes apprécieront de continuer de rencontrer des professionnels de l’adoption et d’autres futurs parents adoptifs pour parfaire leur préparation cognitive et psychologique, et de parler de façon plus concrète de l’accueil de leur futur enfant.

 

Cette préparation se ferait en plusieurs séances lors de la période d’attente, vécue comme « vide » après le stress de la sélection. Cette attente est plus ou moins longue selon les associations, car elle dépend du pays d’origine des enfants et des processus administratifs locaux. Cette formation transformerait cette période creuse en période active et dynamiserait les futurs parents soucieux de bien se préparer.

 

On peut aborder à titre d’exemple le thème de la première rencontre. Il est important de démystifier ce moment, souvent décrit comme merveilleux dans les livres de témoignages. La mère qui ne ressent pas cette émotion en voyant son enfant adoptif pour la première fois, peut garder un fort sentiment de culpa­bilité. Dire simplement que ce moment est un choc pour l’enfant, mais aussi pour les parents, un choc qui peut ne pas être agréable. L’enfant est arraché à son milieu de garde auquel il est habi­tué (changement d’odeur, d’images, de bruits, de langage). Pour les parents, l’en­fant idéalisé fait face à l’enfant réel, cet enfant ne ressemble pas à la photo reçue si celle-ci existe, photo de mauvaise défi­nition arrivée par Internet, photo tant regardée pour se faire une idée, pour se préparer à la rencontre imaginée des centaines de fois avant le jour J.

 

L’aspect prévention d’une telle offre de service est important à souligner. Le 1er suivi n’est programmé en général qu’au 6e mois après l’arrivée de l’enfant. Ces conseils en attitudes parentales pour cette étape de « greffe affective » appa­raissent comme cruciaux. Jusqu’à pré­sent, cela est fait plus ou moins par les bénévoles des associations au vue de leur expérience de l’adoption.

 

Ce type de service offre un nouvel appro­fondissement des motivations à l’adop­tion. Ce travail de formation – réflexion permettrait d’éviter des adoptions diffi­ciles ou des complications d’adoption. Ce point n’est pas à négliger compte tenu des coûts engendrés par ces cas-là.

 

Il se peut aussi que des candidats se désistent après cette préparation. Cela sera accepté positivement sans culpabiliser les couples. Quel que soit le pro­fessionnalisme des intervenants res­ponsables de la sélection, le processus de sélection est limité dans le temps, la sélection ne pouvant aborder toutes les facettes cachées des motivations d’une candidature. Ils ne peuvent suppléer à une perte de confiance chez des candi­dats qui se retrouvent alors face à leurs limites, voire même à des angoisses non révélées lors de la sélection.

 

Pour consulter l’ensemble de ce document, nous vous fournissons ci-joint la version PDF :


Panorama de l'adoption internationale - Luxembourg Juin 2005  par Marie-Christine Emprou-Pajot

 


Une formation essentielle, voire vitale

« Beaucoup de générosité de la part de la formatrice à nous faire profiter de ses outils, de son travail qui a demandé des années. On sent qu’elle fait avancer la cause des enfants adoptés à la Françoise Dolto »

Lise N., intervenante sociale


«Je crois que pas que n’importe qui peut s’improviser thérapeute en Adopteparentalité. Ce n’est pas tout d’avoir les connaissances encore faut-il les maîtriser »

Joanne T., travailleuse sociale


«Une formation qui permet l’actualisation de mes forces intérieures comme psychologue »

Sonia L., psychologue


« La formation en Adopteparentalité est essentielle, voire vitale, pour TOUS les agents autour de l’adoption…de la psychologue qui fait l’évaluation à la bénévole de la société d’adoption »

Johanne G., enseignante


« Avec les nouveaux outils et nouvelles connaissances qui m’ont été présentés de façon imagée, claire et très significative, j’ai le sentiment que je pourrai mieux rallumer l’étincelle de vie et d’espoir chez mes petites en souffrance ainsi que leurs parents »

Monique D., psychologue


«Cette formation est bien structurée et la formatrice la donne dans un climat de respect et de plaisir. Elle redonne du pouvoir aux intervenants qui pourront « transmettre » cette lecture aux parents et les accompagner d’une façon plus cohérente et efficace sans nier la complexité et les blessures »

Claudette G., travailleuse sociale


«La formation répond pleinement à mes attentes. . L’approche me rejoint dans mes valeurs concernant l’intervention. »
Brigitte D., travailleuse sociale


«Le niveau 1 en Adopteparentalité a nourri mon cœur de mère adoptante, mais aussi m’a équipé d’outils d’intervention merveilleux pour mon travail »

Louise G., éducatrice

 

 

OPINIONS SUR LES FORMATIONS INTERVENTION EN ATTACHEMENT - NIVEAUX I,  II, III & IV

Depuis 2005

 

Des outils très utiles, concrets et éclairs

«Le contenu est vraiment bien présenté. Des concepts compliqués deviennent compréhensibles. C’était très bien imagé. L’animatrice a été drôle, dynamique tout en étant très professionnelle. J’ai vraiment adoré beaucoup. Merci!»

S.R., Qc.

 

«Excellente formation. Outils très utiles, concrets et éclairs. La grande sensibilité de la formatrice m’a beaucoup touché»

L., Qc.

 

«J’ai apprécié l’expérience et la passion que la formatrice a dégagées et ce fut une nourriture de l’âme»

 S., Qc.

 

Là c'est clair que je sais où je m'en vais...

Par Martin Bernard, psychoéducateur, Mauricie Bois-Francs, Qc., 2007

Extrait du site de l'auteur sous le titre: "Mon cher amour d'Alixane..'

 

Mon cher amour d'Alixane...Je ne te verrai jamais plus de la même façon... Vois-tu, ton papa a passé trois jours avec Mme Johanne Lemieux, éminente spécialiste en adoption internationale et en attachement. Trois jours à développer ses connaissances et à vivre des « wall moments» (moments de vérité, d'éclairage divin!) comme elle le dit si bien... Trois jours à entrer des informations diverses, parfois dures, si particulières dans mon cerveau. Trois jours à questionner, à tenter de « processer» la tonne d'informations que Mme Lemieux nous a partagées. 13 privilégiés, qui sont maintenant des sentinelles de l'attachement et j'en fais partie!

 

Ton papa avait tellement hâte de vivre cette formation et en même temps tellement peur. Hâte d'en savoir plus, hâte d'apprendre et de me sentir plus compétent face à cette dynamique unique qui va me servir dans mon travail, mais surtout dans ma vie... Mais en même temps tellement peur de voir ce que j'allais y apprendre. Est-ce qu'on s'est trompé quelque part? Est-ce qu'on a bien fait d'agir comme cela ? Est-il trop tard pour changer ou améliorer les choses? J'avais peur d'avoir été un mauvais parent adoptif, je pense... J'avais peur d'entendre que je n'étais vraiment pas dedans...

 

J'avoue que vendredi soir, après la deuxième journée, j'étais décontenancé, ce fut une journée où j'ai passé mon temps à avoir des flashs te concernant mon Alixane, faisant continuellement des liens avec ce qu'on vit à la maison ensemble. De plus, plein d'exemples qui m'ont renversé et qui m'ont mis les larmes aux yeux!

 

Sur les 13 intervenants à la formation, 3 parents adoptants et une adoption à venir (…) Et en discutant avec les autres, l'ébranlement était aussi présent. Rassurant? Je n’en savais trop rien ! J'ai décidé de me donner le temps de digérer et de juste profiter de la présence de mes deux amours ce soir-là! (toi et ta maman bien sûr!. De plus, vendredi soir, 50 pages environ à lire pour le lendemain! Mon cerveau criait grâce! Mais samedi, une journée avec des solutions à la tonne! Un recul qui m'a permis de me rendre compte que bien qu'il reste du travail à faire, qu'on a fait des essais et erreurs, nous avons fait beaucoup plus de bonnes choses que de mauvaises! Mme Lemieux nous a partagés plein de trucs pour développer l'attachement entre toi et nous! On va travailler et jouer (tu vas être contente!) encore, maman et moi pour toi mon ange!

 

Depuis 2-3 ans je jonglais sur certains projets d'avenir, je ne savais pas trop ce que j'allais faire... Mais là c'est clair que je sais où je m'en vais... Il n'existe pas beaucoup de ressources en Mauricie Bois-Francs pour aider les couples comme nous. C'est décidé, je fais le "move" ! Je pars mon entreprise en privé pour faire le support des couples qui veulent se préparer en préadoption (ce qu'il faut savoir avant de partir, ce qu'il faut comprendre, le voyage et comment préparer sa famille à l'arrivée de ce trésor) et supporter les couples en postadoption (outils d'évaluation au retour au niveau de l'attachement et coaching de ceux qui le désirent). Bien entendu, je ne ferai pas de thérapie tout de suite! Faut savoir référer! Je n'ai pas encore le bagage qu'il faut, mais je songe déjà à la formation du niveau 2 en février, on verra donc à ce moment! Quelle ampleur cela prendra? L'avenir nous le dira!

 

Je me rends compte que notre organisme qui nous supporte dans l'adoption est très efficace au niveau de l'organisation de l'adoption, mais elle ne nous permet pas de nous préparer adéquatement à ce qui est le plus important de l'adoption : LE LIEN D'ATTACHEMENT. Je compte bien faire des démarches à ce niveau pour savoir comment y remédier! Tu sais mon ptit "taboutte", avec le recul, je ne pense pas que j'aurais profité autant de cette formation sans les liens émotifs que tu m'as permis de faire tout au long de cette formation... Tu m'as encore permis de devenir une meilleure personne... Ta maman et moi serons sûrement plus confiants avec toi et lors de l'arrivée de ta soeur ou de ton frère! Merci simplement de me montrer la vie, mon trésor d'Alixane! Ton papa qui t'aime profondément.

 

 

Pour des informations sur les prochaines formations en Adopteparentalité et en attachement en Europe ou en Amérique, veuillez consulter la section NOS SERVICES ou LES NOUVEAUTÉS ou les sites WEB des différentes associations ou institutions organisatrices d’événement.

 

 

COURS & CONFÉRENCES AUX PARENTS

 

D’une saison à l’autre, Mme Johanne Lemieux donne des conférences et des cours aux parents adoptifs et au sein de leurs associations. Ces rencontres éducatives visant l’outillage à la parentalité se déroulent successivement au Québec, au Canada ainsi que dans plusieurs villes de France, de Belgique, du Luxembourg et de Suisse.

 

La majorité des commentaires se retrouvent sur les forums des différentes associations adoptives, des ministères ou sur les différents sites WEB éducatifs s’intéressant à l’adoption ou à l’attachement. Nous transmettons les suivants

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OPINIONS SUR LES COURS & CONFÉRENCES EN PRÉADOPTION & EN POSTADOPTION

Depuis 2002

 

Les enfants adoptés et leurs parents, des enfants et des parents comme les autres ?

Réponse : Oui ! Mais avec beaucoup « d’options » !

Vaux-le-Pénil, France, 2011

 

Mercredi dernier j'ai eu un rdv un peu particulier, j'allais assister à une conférence. Dès le début, dès qu'elle a commencé à parler ça promettait d'être bien et pas ennuyant..... Car elle est québécoise.... on a l'impression d'avoir Céline devant soi... avec l'humour en plus. Le thème de la conférence, "les parents adoptants des parents comme les autres oui, mais avec des options". Ça m'a tellement plu que dés le lendemain j'ai acheté son livre, qui lui est arrivé aujourd'hui. Pendant 2 h 30 elle nous a expliqué comment réagir face à cet enfant avec options (car il n'est jamais ce dont on a rêvé d'où les options...). Elle nous a expliqué ce qu'est la normalité adoptive, l'importance de dire qu'il peut être précieux et important cet enfant tant attendu, mais qu'il ne faut pas s'en vouloir si on ne l'aime pas dès le début il faut permettre à l'attachement de se faire réciproquement. Bon, je ne vais pas tout vous raconter non plus, donc avis aux amateurs elle est en France pour 15 jours. Bonne soirée

France 2011

 

Mon mari et moi avons aussi suivi plusieurs cours de Mme Lemieux. Ça nous a vraiment préparé à accueillir notre fille et à ne pas faire trop d'erreurs durant le voyage en Chine. Ces formations devraient être obligatoires pour tous les parents adoptants. Moi aussi je le recommande vivement.

Sophie, Adoption Québec, 3 mars 2011

 

Mieux vivre la première année d'adoption avec votre enfant

Québec, France, Luxembourg, Belgique, Suisse, 2003-2012

 

J'y suis allé hier dans ma ville, elle venait y faire une courte (3 heures). Je vous le conseille à vous toutes! C'est TELLEMENT intéressant... J'y ai appris plusieurs choses! En autre, ce n’est pas juste des enfants de l'adoption qui peuvent vivre des troubles d'attachement, mais aussi un bébé né prématurément qui doit rester long de ses parents quelques mois, un bébé hospitalisé durant plusieurs semaines où les parents sont peu présents (à cause travail, pas de congé...), un enfant qui change trop souvent de garderies ou de famille d'accueil de l'âge de 0 à 3 ans... TOUS les parents (bio ou adoptants) devraient aller voir une telle conférenc !  Je dois dire que suite à cette conférence, j'ai encore plus compris combien mon fils a eu de "coupures" de lien dans sa courte vie de 4 mois. Nos enfants sont vraiment meurtris en dedans d'eux..L'histoire d'abandon de l'enfant est vraiment TRÈS importante pour l'avenir de l'enfant. Le plus qu'on peut en savoir, le mieux est pour comprendre le fonctionnement de notre enfant... Si notre enfant a eu un adulte de confiance qui a toujours répondu à ses besoins, il aura beaucoup plus de facilité à s'adapter à nous et à créer un lien d'attachement (après une période d'adaptation bien sûr...) que celui qui a eu plusieurs adultes autour de lui qui changeait fréquemment et dont ses besoins étaient plus ou moins comblés rapidement et avec similitude...Si vous êtes déjà été la voir, j'aimerais que vous me partagiez vos sentiments là-dessus

Mellymaya, Dans le ventre de maman, Québec, février 2007

 

Moi, j'ai eu un cours d'une journée sur la théorie de l'attachement et j'ai adoré. Ma fille est très insécure, elle a été prématurée et adoptée. Tu sais moi aussi j'ai été longtemps hospitalisée à ma naissance et j'ai été insécure longtemps, j'ai sucé mon pouce jusqu'à 5-6 ans entre autres. Et ma grande en famille d'accueil a un trouble de l'attachement. Et je sais que les petites Chinoises ont souvent des difficultés d'attachement liées à leur condition d'orphelinats et à la longue période passée là. La paperasse et la méthode d'adoption de ce pays font en sorte qu’elles ont souvent autour d'un an lorsqu'elles sont adoptées Mais les pays et les orphelinats ne fonctionnent pas tous pareils. Mais il faut vraiment tenir compte que notre enfant a été abandonné. Qu'il a vécu le rejet. Il ne faut pas le nier, mais plutôt l'aider à vivre avec. Même s'il était bébé très jeune quand c'est arrivé. L'attachement se forme vers 8 mois de vie, ou l'enfant prend conscience qu'il est un être séparé de la personne qui s'en occupe. Après cela, faut s'attendre à des lacunes à combler chez l'enfant adopté. Avant cela, il y a toujours le sentiment d'abandon Moi je ne dois jamais faire semblant de partir quand ma fille ne coopère pas, elle panique. Avant 2 ans, elle me laissait partir sans peur, mais maintenant elle panique, je ne le fais plus depuis. Je suis resté l'air bête la première fois que je l'ai vu pleurer pour que je l'attende. Et je me suis souvenu que j'avais peur moi aussi quand j'étais enfant. J'ai toujours eu peur de l'abandon. Mes parents disaient des phrases qui me faisaient peur. Qu'ils allaient nous mettre en pensionnat si on n'écoutait pas, par exemple. Moi ça me faisait très peur. Je sais maintenant que c'est dû à mon hospitalisation longue à ma naissance. J'ai eu très peur de perdre mes parents enfant. J'avais peur de la mort. Alors, je comprends ma fille, j'essaie de me mettre à sa place. Et oui je suis d'accord, certains enfants ont des troubles de l'attachement même avec leurs 2 parents bio Et c'est vrai que Mme. Lemieux à bien expliqué, au début de l'arrivé de l'enfant, l'amour, pensez-y pas, ce qu'il faut c'est: de la présence, de la sécurité, répondre aux besoins essentiels et ENSUITE, l'amour viendra... L'enfant doit pouvoir savoir que vous êtes là pour lui, qu'il peut vous faire confiance...C'était ma parenthèse.

Hélène B, Dans le ventre de maman, Québec, février 2007

 

Dimanche le 11 décembre dernier, j’ai participé à un atelier donné par Johanne Lemieux, co-auteure du  livre L’enfant adopté dans le monde. Une formation d’une journée bien remplie. Le cours Mieux vivre la première année d’adoption avec votre enfant était très pertinent, fort utile et grandement intéressant. Un « must » comme on dit! Voici un résumé de quelques commentaires de Johanne Lemieux : « L’enfant a besoin de parents solides, en contrôle du bateau famille. »/« L’enfant a perdu sa confiance envers les adultes. Il faut travailler la CONFIANCE et la sécurité. »/« Dire à l’enfant qu’il peut avoir confiance en vous.»/« Attention, il y a des enfants adaptés sans être attachés »/« Il faut faire le deuil de vouloir tout réparer chez l’enfant. »/« Plus on s’occupe de l’enfant, plus on s’y attache. »/« Plus on est attaché à l’enfant, plus on est capable de détecter ses besoins. » (…) Une grosse journée qui valait son pesant d’or croyez-moi. Je digère encore toutes ces précieuses informations. Un cadeau pour ma fille et ma famille.

Isabelle, Québec, Canada, 2006

 

J'ai assisté en décembre 2003 avec beaucoup d'intérêt à la conférence que Johanne Lemieux avait donnée à Lausanne. Nous y avons trouvé beaucoup de pistes pour accompagner au mieux notre fille qui a aujourd'hui 4 ans. Nous nous rendons compte que notre fille a des phases où elle se sent en sécurité et pendant lesquelles elle fait de grands progrès et des périodes de régression où sont objectif principal est d'être dans nos bras. (…).

C. O., Suisse, 2003

 

Adopter un enfant avec des besoins spéciaux

Québec, Belgique, France 2010-2012

 

J'aimerais vous dire que mon mari et moi avons beaucoup aimé la formation de dimanche dernier sur l'adoption d'enfants avec besoins spéciaux. Non seulement l'information contenue est claire et intéressante, mais Mme Lemieux le livre efficacement sans perdre l'attention des gens... BRAVO!

V. N., Québec, 2010

 

J'ai eu la chance d'assister à une conférence de Johanne Lemieux en Belgique l'an dernier. Elle y abordait le sujet très sensible de l'adoption des enfants à particularités. J'ai A-DO-RÉ le contenu évidemment qui m'a appris beaucoup (aussi sur moi en me posant les bonnes questions!) et la forme parce que c'est un sacré petit bout de nana qu'on a en face de soi. Elle bouscule, elle fait bouger, elle interpelle juste comme il faut! En un seul mot; FONCEZ!! Bises.

Vanessa et cie, 1 mars 2011

 

Cultiver l’attachement ou comment être un parent adoptant jardinier

Extrait du  bulletin du Service social international (SSI)

Suisse, 2005

 

Johanne Lemieux, travailleuse sociale québécoise spécialisée en adoption internationale, a développé ce thème lors d’une conférence donnée en juillet et adressée aux parents adoptifs et au personnel de certaines autorités centrales d’adoption suisse.

 

Tisser un lien d’attachement entre un enfant et ses parents, qu’ils soient biologiques ou adoptifs, est une question de survie pour l’enfant. Grâce à ce lien invisible qui remplace le cordon ombilical, les parents peuvent comprendre leur enfant et répondre à ses besoins. Quant à l’enfant, il acquiert la capacité d’entrer en relation avec les autres. Ce lien existe quand l’enfant remet totalement sa survie et son développement à ses parents. En effet, l’attachement n’est pas synonyme d’amour mais vise plutôt la relation de confiance et de sécurité que l’enfant établit à l’égard de ses parents. Si ce lien est inexistant ou rompu, par exemple par un abandon, l’enfant développe instinctivement ses propres moyens de survie, mais ceux-ci peuvent lui être néfastes. Ce lien n’est malheureusement pas automatique : même dans les familles biologiques, tout est à construire.

 

Comment s’y prendre pour cultiver un attachement ? Johanne Lemieux, travailleuse sociale québécoise spécialisée en adoption internationale, propose des outils et une méthode pour y parvenir. Elle les a présentés en juillet dernier à des professionnels et parents adoptifs suisses lors d’une conférence à laquelle le SSI/CIR a assisté.

 

Evaluer la capacité de l’enfant à s’attacher

S’agissant d’une relation adoptive, les parents doivent d’abord évaluer la capacité de l’enfant à entrer en relation avec les autres. En d’autres termes, selon Johanne Lemieux, il s’agit pour les parents de comprendre à quelle étape de la construction de son « modèle opérationnel interne sécurisé » l’enfant se trouve. A-t-il encore de l’espace pour tisser un lien d’attachement avec ses parents ou cet espace est-il complètement envahi par les mécanismes de survie qu’il a développés ? Dans ce dernier cas, les parents adoptifs doivent « reprogrammer » leur enfant pour lui permettre de développer son modèle opérationnel interne sécurisé.

 

Comment développer un attachement

La Québécoise compare l’enfant à une jeune plante qui vient de naître et ses parents aux jardiniers chargés de la faire pousser. Entre eux, se trouve le jardin, espace intermédiaire commun, dans lequel va pouvoir se construire un lien sécurisé. Chaque parent y apporte un nombre important de ressources, des besoins et des « mines antipersonnelles » caractérisant les épreuves de leur vie mal surmontées et enfouies au fond d’eux-mêmes. Ces mines rendent le tissage du lien d’attachement plus complexe. L’enfant apporte quant à lui des besoins en quantité, mais aussi des ressources. A la différence de l’enfant biologique, l’enfant adopté amène également ses propres mines (abandon, délaissement, abus…).  Le rôle des parents adoptifs est de les accueillir quelles qu’elles soient.  Pour ce faire, ils doivent être encore meilleurs jardiniers que les parents biologiques. Certes, ils n’ont pas à attendre de ne plus avoir de mines, mais il est important qu’ils aient conscience de ces dernières et qu’ils disposent de plus de ressources que de mines pour pouvoir être des parents solides.

 

Les saisons de l’attachement

En fonction de leur vécu, les enfants arrivent dans leur famille adoptive avec plus ou moins de mines et une prédisposition plus ou moins favorable à l’attachement. Dans ce cadre, Johanne Lemieux parle de saisons d’attachement et propose la typologie suivante des enfants adoptés :

 

Les enfants printemps (10-15% des adoptés) : Ces enfants grandissent sans problèmes majeurs. Ils sont généralement nés à terme et en bonne santé, ont bénéficié d’une prise en charge individuelle et ont été adoptés jeunes.

 

Les enfants été (env. 40% des adoptés) : Ces enfants vivent quelques difficultés d’attachement suite à des séparations douloureuses et/ou nombreuses. Après un an d’attention et de soins appropriés, ils sont capables d’accepter qu’un adulte puisse être fiable et se développent bien.

 

Les enfants automne (env.40% des adoptés) : Ces enfants présentent des difficultés de développement et de comportements. Lorsque les parents adoptifs trouvent la façon adéquate de les prendre en charge, ces enfants peuvent se développer, même s’ils mettront constamment à l’épreuve le lien tissé. Il est dès lors important que les parents soient plutôt jeunes afin qu’ils disposent de suffisamment d’énergie pour relever ce défi.

 

Les enfants hiver (10 à 15% des adoptés) : Ces enfants présentent un développement problématique et souffrent d’un handicap sévère de l’attachement. Sans aide professionnelle extérieure, les parents ne parviennent pas à gérer leur relation avec l’enfant et à accompagner son développement.

 

Dans ce contexte, J. Lemieux insiste sur l’importance de demander rapidement de l’aide à des professionnels dès l’apparition de troubles chez l’enfant.  Parmi ses autres conseils fondamentaux aux parents adoptifs, elle estime indispensable d’être constamment présent auprès de l’enfant durant la première année suivant son arrivée.

 

Comment vérifier que l’enfant est bien attaché

Pour vérifier qu’un enfant est bien attaché à ses parents adoptifs, J. Lemieux donne plusieurs indices dont : l’enfant se laisse regarder dans les yeux, il se laisse consoler et toucher. Il est capable de savoir que sa maman existe même quand elle n’est pas là. Il comprend que son parent sait des choses qu’il ne sait pas et qu’il est là pour le protéger. Ainsi, le bon réflexe d’attachement d’un enfant est de se réfugier dans les bras de son parent en présence d’un étranger.

 

Ces facteurs réunis permettent de vérifier que les parents et l’enfant sont devenus uniques au monde et irremplaçables l’un pour l’autre.

 

 

Le vrai voyage de l'adoption internationale

Par Julie Barlow

Extrait de L'actualite.com le 23 janvier 2009

Québec, 2009

 

Le vrai voyage de l'adoption internationale, il vaut mieux l’entreprendre avec, dans ses valises, un certain nombre... d’outils. Notre reporter raconte la première année passée avec ses jumelles.

 

Voir enfin leur enfant à sa descente d’avion est une expérience surréaliste que peu de parents peuvent imaginer.

 

Cela se passait à la sortie des vols internationaux de l’aéroport Montréal-Trudeau, en décembre 2006. Les jumelles de trois ans et demi étaient assises côte à côte sur un chariot à bagages, le regard vide, étourdies par tous les nouveaux visages. Mireille De Keiser, vice-présidente de l’organisme québécois Accueillons un enfant à l’époque, les poussait doucement vers nous. Quand elle les a prises tour à tour dans ses bras pour les déposer dans les nôtres, les pauvres se sont mises à hurler. Ma belle-mère, qui achetait une bouteille d’eau au casse-croûte d’à côté, a entendu la caissière lui dire : « Sûrement une adoption internationale. »

 

Mon mari et moi avions espéré ce moment pendant plus d’un an. J’aimerais pouvoir dire que ce fut l’extase, mais je me sentais comme un imposteur ! À vrai dire, j’étais angoissée. Je n’ai commencé à me relaxer qu’à la maison, quand nos filles se sont ruées sur les peluches qui les attendaient.

 

Pour des raisons administratives et de sécurité, nous n’avons pas fait le voyage classique des parents qui se rendent à l’étranger chercher leur enfant. Certains critiquent notre choix, et moi-même, je le regrette parfois. Mais la décision d’y aller ou pas reste assez anecdotique en regard de l’ampleur de la tâche qui attend les nouveaux parents. Car le véritable voyage de l’adoption internationale commence à l’arrivée des enfants. Un voyage qu’il vaut mieux faire avec, dans ses valises, un certain nombre d’outils. Et seulement si on aime sortir des sentiers balisés !

 

L’une des clés de l’adoption réussie : admettre, avant même le départ, que l’expérience n’aura rien d’agréable pour l’enfant, surtout au début. Prenez nos jumelles. Abandonnées par leurs parents à 18 mois, elles avaient passé les 23 mois suivants dans un orphelinat d’Haïti. Elles ne parlaient que créole. Et là, en ce 19 décembre, on les arrachait à tout ce qui leur était familier pour les asseoir dans une bruyante « machine » volante, avant que deux inconnus s’exprimant dans une langue incompréhensible leur enfilent de curieux vêtements, les sanglent dans une autre « machine » et les conduisent dans une maison étrange !

 

Les connaissances sur l’adoption ont beaucoup évolué depuis 20 ans, les services aussi. Il y a maintenant des pédiatres, des infirmières, des travailleurs sociaux, des éducateurs, des psychologues spécialisés en adoption internationale. Heureusement, car en dépit des apparences, les adoptés ne sont pas tout à fait des enfants comme les autres. Bien sûr, nos filles jouent à la poupée, raffolent de la neige, rigolent, mangent comme des défoncées. Mais elles continuent, près d’un an après leur arrivée, à se demander si elles resteront avec nous pour toujours, si elles seront renvoyées à l’orphelinat en Haïti ; bref, si tout cela va durer.

 

Nous avons bien vu, dès le premier repas, que Nathalie sortait de table avec une petite poignée de riz dans la main — on ne sait jamais. Erika, elle, grognait un « meuh » qui pouvait signifier oui ou non — on ne se mouille pas. À la seule vue de l’auto ou des vêtements d’hiver, elles craignaient qu’on ne les ramène à l’aéroport. La présence des grands-parents ? Quand on ne sait pas ce qu’est un parent, on a peur qu’ils nous emmènent avec eux !

 

De tous les mythes sur l’adoption, le plus grand est celui qui dit que « l’amour aura raison de tout ». Quelques lectures et une formation d’une journée avec une travailleuse sociale spécialisée en adoption internationale nous ont vite convaincus que l’amour ne suffirait pas. En fait, l’amour finit par se pointer si les adoptants relèvent avec brio quatre défis : devenir parents, prendre soin de la santé de l’enfant, l’aider à surmonter le traumatisme de l’abandon et créer un lien d’attachement.

 

Passons vite sur le premier défi : devenir un parent, biologique ou adoptif, ça change une vie ! Tous les parents vivent la même chose. Mais tous n’ont pas — heureusement ! — à s’occuper de problèmes de santé.

 

Les enfants adoptés à l’étranger souffrent presque tous, à divers degrés, de parasites ou de malnutrition. Certains sont atteints du syndrome d’alcoolisme fœtal (50 % des enfants des pays de l’Est), d’une intolérance au lactose (presque tous les enfants du tiers-monde). Coup de bol, les nôtres arrivaient d’un orphelinat bien tenu : elles y étaient nourries convenablement et, avons-nous appris plus tard, buvaient un verre de lait chaque soir. De sorte que nous n’avons eu à traiter qu’une giardiase (parasitisme intestinal) et une teigne un peu tenace.

 

Les premières semaines, notre quotidien fut marqué par des mesures d’hygiène visant aussi bien à nous protéger qu’à soigner les jumelles : lavage des mains régulier ; désinfection de la baignoire après chaque bain ; lavage fréquent des draps ; déjeuners, dîners et soupers à base de riz (ça réduit les diarrhées). On a vite mesuré l’importance d’avoir un pédiatre familier avec cette réalité !

 

L’abandon de leurs parents et le retrait de l’orphelinat ont été pour nos filles autant d’arrachements. Nombre d’enfants en meurent, littéralement. Les nôtres ont survécu au traumatisme, mais elles ne faisaient confiance à personne à leur arrivée. Surtout pas aux femmes. Pas facile à vivre pour une mère.

 

Ce sera d’autant plus difficile — voire impossible — pour l’enfant de faire confiance si un lien d’attachement n’a pas été noué dans les premiers mois de sa vie. Dès les années 1940, le psychanalyste britannique John Bowlby soutenait que le comportement d’un adulte était influencé par la qualité de ce lien créé avec sa mère lorsqu’il était bébé. Dans les années 1980, le tomodensitomètre a montré que le manque d’attachement en bas âge modifiait jusqu’à la morphologie du cerveau.

 

L’attachement s’avère, en fait, un processus neuropsychologique complexe, qui n’a que très peu à voir avec l’amour. « C’est d’abord une question de confiance », nous avait expliqué la travailleuse sociale Johanne Lemieux, lors de notre rencontre préparatoire. Il apparaît entre l’âge de 9 et 12 mois, lorsque l’enfant établit un lien fort avec sa mère ou avec les adultes (rarement plus de deux) qui s’occupent de lui. Un lien sainement formé lui permettra de faire confiance à l’adulte et d’étendre cette confiance à d’autres personnes. Si ce processus est perturbé par un abandon, une négligence ou parce que trop d’adultes s’occupent de lui, l’enfant aura du mal à faire confiance par la suite. C’est ce qui explique que presque tous les enfants adoptés se méfient des adultes, et au premier chef de leurs parents adoptifs.

 

Encore là, nous avons été plutôt chanceux. La première fois que nous avons conduit nos filles chez le médecin, elles se sont réfugiées dans nos bras, terrorisées. « Bon signe », nous a confirmé le pédiatre, Jean-François Chicoine, spécialiste en adoption internationale à l’Hôpital Sainte-Justine. Leur mère leur avait fait traverser avec succès cette période critique que sont les premiers mois de la vie.

 

Mais Nathalie et Erika n’étaient pas prêtes pour autant à nous adopter !

 

Pour gagner leur confiance, il nous fallait être « enrobants mais fermes », pour reprendre les termes du pédiatre. Ce qui veut dire faire un câlin dès qu’une angoisse se pointe et beaucoup les rassurer, mais maintenir une discipline d’adjudant-chef. Se lever la nuit au premier cri, mais être inflexibles concernant le lavage des mains, l’obligation de manger leurs légumes, de rester assises pendant les repas, etc. Johanne Lemieux, la travailleuse sociale, nous avait prévenus : « Les enfants adoptés ont besoin de règles pour arriver à croire que leur nouvelle famille est une entreprise viable. Ils ont besoin de faire confiance à leurs parents avant de les aimer. »

 

Le piège est de croire que l’enfant n’a pas de problème parce qu’il semble sans difficulté apparente. Parfois, il est difficile de décoder les comportements. Chez nos filles, c’était à qui serait la première à dresser la table, à ramasser les jouets ou à plier le linge ! Au début, nous les encouragions, croyant renforcer leur sentiment d’appartenance à la famille et la « structure ». Nous avons vite compris notre erreur : il fallait plutôt les convaincre que ce n’était pas nécessaire d’agir ainsi pour que nous les aimions. Tout un contrat de déprogrammation !

 

Nous leur avons redit tant et plus que nous les aimions, que nous n’allions pas les abandonner. Pendant des mois, chaque fois qu’une personne se présentait à notre porte ou qu’un étranger leur parlait, les filles fondaient en larmes ou se réfugiaient dans nos bras. Toujours, nous ressortions ce credo : « Il veut vous voir, mais il ne veut pas partir avec vous. Vous êtes les filles de maman et de papa. »

 

L’un des gestes les plus importants pour bâtir la confiance : nourrir l’enfant. Ce lien doit être exclusif. Pour les plus vieux, qui tiennent leur fourchette et leur couteau, il faut déjeuner, dîner et souper en famille, et les servir. À la demande de nos filles, nous leur avons même donné le biberon à quelques reprises et les avons fait manger nous-mêmes. Elles sont vite passées à autre chose.

 

N’allez pas croire que ce fut la crise permanente ! Plutôt une série de petits tests. Et des enfants, tout traumatisés qu’ils soient, demeurent des enfants. Nous nous sommes donc beaucoup amusés. D’entrée de jeu, je me suis lancée dans une autoformation accélérée en stylisme pour cheveux crépus. Au fil des mois, mes tentatives plutôt maladroites ont fait place à des matinées « salon de beauté » fort agréables.

 

L’homme de la maison, lui, a redécouvert les joies du casse-tête. Et il a instauré un rituel d’épluchage des journaux : les filles sont folles des cahiers publicitaires, qu’elles font semblant de lire pour nous imiter ! Elles ont vite pris goût à l’hiver. Dès le premier mois, elles savaient patiner ! Et les travaux d’agrandissement de la maison, qui ont duré d’avril à juillet, ont donné lieu à une série presque sans fin d’émerveillement sur le thème : « Oh ! le beau trou. »

 

Signe de leur confiance ? Elles ne ramassent plus volontairement leurs jouets, ne plient plus le linge, font semblant de ne pas nous entendre la moitié du temps — et il faut que je m’en réjouisse ! À mesure qu’elles nous font confiance, elles surmontent leurs angoisses et leurs phobies.

 

Lorsqu’on adopte, de nombreuses décisions doivent être prises à propos du passé. Et c’est particulièrement vrai pour des enfants plus âgés, qui arrivent en fratrie. Ainsi, faut-il conserver les prénoms originaux ou pas ? Certains intervenants en adoption le croient préférable, pour adoucir l’arrachement à la culture d’origine et aider à constituer l’identité. D’autres disent qu’un nouveau prénom renforce l’appartenance des enfants aux parents adoptifs.

 

Nous avons choisi le deuxième camp. Nos filles se prénommaient Guirlène et Guirlande. Dès le jour 2, elles sont devenues Erika-Guirlène et Nathalie-Guirlande. Au jour 3, c’était Erikalène et Nathalilande. Et au jour 4, c’était réglé. À Noël, Erika et Nathalie ne voulaient plus entendre leur ancien prénom. Et aujourd’hui, elles sont très fières lorsqu’elles rencontrent une autre Nathalie ou une autre Erika.

 

Il n’y a pas si longtemps, les parents adoptifs essayaient de faire table rase du passé, pensant qu’ils devaient l’oublier pour s’adapter au présent. Après, ce fut l’autre extrême, et de nombreux parents ont cru qu’il fallait garder le plus de liens possible avec la culture d’origine. D’où les chambres décorées de bouddhas et les parents qui se sont mis au créole… Aujourd’hui, les experts prônent une méthode « mixte ». Les enfants ont besoin de comprendre ce qui leur est arrivé et de l’intégrer à leur nouvelle vie. Il ne faut surtout pas que le passé devienne un tabou ! Mais pas question de les y replonger constamment.

 

Nous discutons librement, souvent devant des invités, de l’orphelinat, de « maman Roseline », comme on désigne leur mère biologique. Sur les conseils du pédiatre, nous avons offert à chacune une « boîte de racines », avec des photos et d’autres objets de leur vie antérieure — jusqu’aux cuillères en plastique de l’avion ! Quand les filles le demandent, nous sortons leur boîte et ressassons des souvenirs.

 

Le hasard nous a fait nous demander bien vite s’il fallait ou non exposer les jumelles à leur passé : une petite amie de l’orphelinat vit maintenant... à six rues de chez nous ! Nous avons organisé une rencontre, pour constater que ces trois-là ne sont pas des amies ordinaires. Quand Michaëna est venue coucher à la maison, récemment, elles ont évoqué l’orphelinat pour la première fois depuis le début de l’été. Mais bof…

 

Dès le départ, nous nous sommes félicités d’avoir adopté en Haïti plutôt qu’en Chine, en raison de la langue : 80 % du vocabulaire créole vient du français. Si bien que nous avons pu faire comprendre tout de suite nos consignes de base. Six mois après leur arrivée, nos filles ne parlaient plus que le français entre elles !

 

Notre petite famille des Nations unies fait tourner bien des têtes dans le voisinage et suscite des compliments parfois délirants. Certains posent des questions indiscrètes, parfois devant les jumelles. « Vous n’avez pas pu adopter des enfants plus jeunes ? » Il faut vite réparer les pots cassés. Rebonjour le credo !

 

L’autre « compliment » qui blesse, c’est : « Bravo d’avoir donné une chance à ces enfants. » Très peu de parents adoptent pour des raisons purement humanitaires. Ils le font principalement par envie de fonder une famille. Et une fois que nous nous sentons indispensables à nos enfants, c’est nous qui nous estimons chanceux de les avoir.

 

Deux mois après l’arrivée des filles, nous sommes sortis au restaurant en famille. Une dame dans la soixantaine est arrivée d’une table voisine. Elle s’est jointe à leur jeu de cache-cache, se camouflant sous la table. En partant, elle nous a fait un clin d’œil : « Vous savez, elles seront toujours vos bébés. » En voilà une qui nous a pris pour ce que nous sommes : une famille comme les autres.

 

 

Pour des informations sur les prochaines interventions publiques de Mme Johanne Lemieux en Europe ou en Amérique, veuillez consulter la section NOS SERVICES ou LES NOUVEAUTÉS ou les sites WEB des différentes associations ou institutions organisatrices d’événement.

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