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DES LIVRES / FILMS / DVD / SUR LE DÉVELOPPEMENT & LE COMPORTEMENT

 

Le monde est ailleurs présente ici son choix de livres traitant du développement sensori-perceptif, moteur, cognitif, langagier, socioaffectif de l’enfant et de l’adolescent.

 

LIVRE

LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT AU QUOTIDIEN

Du berceau à l’école primaire.

DE FRANCINE FERLAND

Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine

2005

 

D’un couvert à l’autre

Par Patricia Germain, infirmière

Trois-Rivières, Qc., Canada

Février 2010


 

 

 

Le livre de Francine Ferland, ergothérapeute et professeure émérite à l’université de Montréal, est un petit bijou qui rend les différentes sphères du développement d’un enfant accessibles et concrètes tant pour les parents que pour les professionnels appelés à travailler avec des tout-petits.

 

«Quoi de plus fascinant que d’observer et de vivre au jour le jour le développement d’un enfant! Le présent ouvrage a une double originalité : d’une part, il aborde le développement dans toutes ses dimensions et, d’autre part, il met l’accent sur les séquences plutôt que sur les âges. »

 

L’ouvrage de Francine Ferland peut être lu d’un couvert à l’autre ou encore être consulter au besoin des événements du quotidien.

 

EXTRAIT DE : « LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT AU QUOTIDIEN »

 

Pendant sa première année : si on jouait à bouger?

Faire un mouvement de pédalage avec les jambes du bébé au moment des changements de couche; ce mouvement alterné, expérimenté ici passivement, lui permet de prendre conscience de ses jambes.

 

Comme le bébé est généralement couché sur le dos dans son lit, les premières fois que l’enfant est couché sur le ventre par terre, il peut manifester son désaccord puisque dans cette position, il a de la difficulté à relever la tête. À vous de capter son attention et son intérêt en vous plaçant face à son visage et en l’invitant à vous regarder et donc à redresser la tête et à contrer la gravité. Des jouets placés devant lui ou un miroir incassable placé au mur à la hauteur de l’enfant l’inciteront aussi à lever la tête pour les voir (…)

 

Quand il maîtrise bien les mouvements de sa tête et de son tronc, vous pouvez l’asseoir sur le sol entre vos cuisses, en le tenant par les hanches, et le balancer tout doucement vers la gauche, vers la droite et vers l’avant. Cette activité (qui est beaucoup plus agréable si vous chantez en même temps) l’incite à développer ses réactions de protection et à faire les ajustements posturaux nécessaires pour maintenir son équilibre.

 

Faire la même activité, en le tenant toujours par les hanches, mais cette fois en étant assis sur une chaise, l’enfant placé sur l’un de vos genoux avec ses jambes de chaque côté.

 

Étant assis sur une chaise et vos jambes croisées, vous pouvez asseoir l’enfant sur votre pied et le faire sautiller en le tenant par les aisselles, s’il maîtrise bien sa tête, ou par les mains s’il maîtrise aussi son tronc. Ce jeu du petit cheval qui galope doucement plaît bien à l’enfant. Ne pas faire cette activité, pas plus que les deux précédentes, si l’enfant ne contrôle pas sa tête (…).

En position debout, le tenant sous les aisselles, le balancer entre vos jambes de l’avant vers l’arrière : c’est le jeu de la cloche, qui devient plus amusant s’il est accompagné d’un ding-dong rythmé.

 

Lors des premières expériences de l’enfant en position assise, il est recommandé de déposer les jouets devant lui; alors, il se penchera vers l’avant pour les saisir et il apprendra rapidement à se protéger des chutes en étendant les mains devant lui. Quand il arrive à bien se protéger des chutes vers l’avant, vous pouvez mettre quelques jouets de chaque côté, ce qui l’incitera à développer ses réactions de protection du côté.

 

Déposer quelques coussins sur le sol. En s’exerçant à passer par-dessus, l’enfant améliore sa marche à quatre pattes et sa coordination (…).

 

FICHE TECHNIQUE : « LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT AU QUOTIDIEN »

 

Ferland, F. Le développement de l’enfant au quotidien. Du berceau à l’école primaire, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, Montréal, Québec, Canada, 2005, 234 pages

 

 

LIVRE

MATHILDE RACONTE

L'univers de l'enfant d'âge préscolaire

DE FRANCINE FERLAND

Éditions du CHU Sainte-Justine

2010

 

Une joyeuse perversion éducative

Par Jean-François Chicoine

Montréal, Qc., Canada

Mai 2010

 

 


 

Depuis des années, je suis fasciné par le manuscrit « in progress » de Francine Ferland. Après avoir accompagné la publication de premiers extraits sur le WEB, je découvre enfin, avec les lecteurs, Mathilde en un seul morceau.

 

Du coup, je me permets de renouer avec la joyeuse perversion éducative de Francine. Parents et éducateurs, laissez vous tenter par l’expérience de son livre. Vous y verrez une innovation pédagogique et une percée respectueuse du monde secret de l’enfance. "Mathilde raconte", c’est un peu Cria Cuervos de Carlos Saura, mais sur le mode de la normalité. Bravo.

 

DE L'ÉDITEUR DE "MATHILDE RACONTE''

 

Il est fascinant d'accompagner un enfant dans son développement, au jour le jour. Toutefois, en tant qu'adulte, on ne comprend pas toujours ses réactions, ses réflexions et sa façon de percevoir les événements du quotidien.

 

Mathilde nous donne ici accès à l'univers de l'enfant d'âge préscolaire, donc de 3 à 5 ans, grâce au journal qu'elle tient dans sa tête... cette enfant de 4 ans, particulièrement éveillée, nous fait connaître tour à tour sa famille, sa meilleure amie, son amie imaginaire, ses grands-parents, son quotidien à la  maison et à la garderie et bien d'autres aspects de sa vie.

 

À chaque section de son journal, des commentaires éclairants de l'auteur - qui comptent pour une bonne part du livre ‐ sur sa façon de parler et de percevoir le temps, ses cauchemars, ses difficultés à saisir l'origine des bébés et le fonctionnement du corps permettront de mieux comprendre Mathilde et, à grâce à elle, de saisir la perception du monde environnant qu'a l'enfant d'âge préscolaire. Une occasion unique d'entrer dans l'univers extraordinaire d'un jeune enfant !

 

 

FICHE TECHNIQUE : « MATHILDE RACONTE»

 

Ferland, F. Mathilde Raconte, Éditions du CHU Sainte-Justine, Montréal, Québec, Canada- 120 pages-ISBN 9782896191994

 

 

DVD

TONUS ET VITALITÉ PAR LA DANSE

Volume 1

AVEC JACYNTHE RENÉE

Productions Chaloux

 

 

Quand le bébé porte son regard sur un entourage de plus en plus élargi

Par Jean-François Chicoine

Montréal, Qc., Canada

Février 2011

 

 


 

 

La comédienne québécoise Jacynthe René présente un DVD de « danse avec bébé » intitulé Tonus et Vitalité par la danse – SUAVE!, entièrement filmé sur une bien belle plage cubaine. Animé de bien beau monde, qui ont  l’air bien beau dans leur peau, ce premier volet d’une série de trois présente les bienfaits de la danse latine comme un exercice réparateur pour les mamans intéressées à danser avec bébé dans les bras.

 

En compagnie du chorégraphe et des danseurs de l’Académie de danse de La Havane, Jacynthe Renée propose ainsi ses danses latines combinées à des exercices pour le maintien de la forme physique des jeunes mamans. La session complète comprend une période d’échauffement, trois danses, dont la salsa, le merengue, le mambo, puis des étirements finaux ainsi que de petits extras, notamment avec une physiothérapeute s’exprimant dans le ton sympa de l’ensemble.

 

« Les femmes, à travers les danses latines, se sentent belles, se retrouvent dans leur féminité et leur sensualité. Il faut bouger pour garder notre santé, pourquoi ne pas le faire dans le plaisir pour garder en plus notre beauté! », a déclaré Jacynthe René. De fait, le DVD donne du swing aux jeunes mamans en s’intéressant aux exercices postpartum parmi les plus utiles.

 

Par ailleurs, il ne fait que très peu mention des bénéfices potentiels de ces exercices fort accessibles sur le développement du bébé. Des effets bénéfiques pédiatriques attendus pourraient pourtant s’en suivre, notamment sur toute la construction sensoriperceptive de l’enfant, par le toucher et le mouvement, ainsi que sur le lien d’attachement, donc de confiance parents-enfant. Un plus caché donc.

 

Attention, ce n’est pas mentionné : à ne pas pratiquer avec des enfants de moins de 4 à 6 mois, chez qui les muscles du cou ne sont pas encore assez développés.

 

Recommandable, à mon sens, pour les mamans qui aiment la danse, dans les derniers mois de la première année de la vie, quand le bébé porte son regard sur un entourage de plus en plus élargi et… qu’il est encore facile à porter sur 20 à 30 minutes d’exercice. Sinon, à trop privilégier le bassin et le périnée, c’est le bras et le dos qui vont encaisser.

 

FICHE TECHNIQUE :  "TONUS ET VITALITÉ PAR LA DANSE"

 

Durée: 88 minutes. Le vidéo est disponible au Québec dans les grandes surfaces et dans certaines boutiques pour enfant.

 

FILM/DVD

MON ONCLE D'AMÉRIQUE

D'ALAIN RESNAIS

France 1980

 

 

L'animal perdu

Par Jean-Francois Chicoine

Comité de rédaction

Extrait de la revue de cinéma Séquences, 1980

 


 

 

« La seule raison d’être d’un être c’est d’être. C’est-à-dire de maintenir sa structure, se maintenir en vie. Sans ça, il n’y aurait pas d’être. »…Ni de film, puisque voilà le propos du prologue, ainsi que le ton général, de cet oncle-là, qui s'introduit dans l'oeuvre de Resnais, comme un autre chapitre bavard, mais fort original.

 

Premier temps. De la pipe, du bol à soupe, de tant d'objets sujets à une succession de plans fixes, on parvient à l'homme qui s'anime, articulant son vécu aux actes du présent. À travers cela, l'analyse des attitudes de Jean, Janine et René, intelligences (ou marionnettes) à la merci d'une quatrième, Henri Laborit, une sorte de maître à penser et à agir, qui, avec le recul permis par le montage, fouille, non sans fierté, l'inconscient d'autrui. Cela donne une manière de narration et des êtres pour l'actionner.

 

Second temps. Une femme qui fend l'eau vers une île. Un homme. Un rat dans une cage. Si le parallèle est en mesure de déplaire ou de paraître inapproprié, il ne peut néanmoins qu'amuser. L'homme n'est plus ici ce prétexte primaire à boire ou copuler, il devient aussi interaction, fuite ou lutte, comme la bête de laboratoire malmenée par le choc électrique. Et lorsque ses actions dérogent aux normes sociales, il refoule, le discours proposé débouchant ainsi sur le stress ou autres maux de civilisation, notamment le plus ultime d'entre tous, le suicide.

 

Troisième temps. Nos actes ne dépendent finalement que de structures organiques sous - jacentes. Une meilleure compréhension de ces dernières permettrait-elle de maîtriser davantage nos conduites et nos guerres? Dernier plan du film : un arbre peint sur un mur extérieur, ni plus ni moins qu'un ensemble de briques. Du collectif à l'individuel, faisant de la paix et de l'Oncle d'Amérique, l'affaire de chacun.

 

La cinématographie de Resnais est si percutante qu'elle réussit à enchaîner, au fil d'un montage d'une souplesse extrême, des éléments apparemment aussi disparates qu'une roue de bicyclette, un regard de sanglier et un exercice de voltige intellectuelle sur les malheurs d'un rat. Mais il y a plus ici qu'une suite d'idées au son du commentaire de Laborit. À travers des réactions d'hommes qui s'aiment ou se haïssent, c'est aussi de poésie qu'il s'agit, celle par laquelle la banalité d'une image ou d'une action sans éclat finit par composer un tableau à l'impact artistique total. Ainsi donc, bien loin de l'annonce d'un contenu théorique, le choix même du titre Mon Oncle d'Amérique vient plutôt faire référence à cette sorte d'espoir impalpable, cette foi dans le futur, qui anime les êtres que nous sommes.  Sans modèle de réussite, sans ambition, l'homme évolué serait-il justifié à continuer de se développer dans des schémas comportementaux déterminés? L'Oncle d'Amérique, un eldorado de l'inconscience.

 

Et il y a aussi Henri Laborit, directeur du laboratoire d'eutonologie de l'hôpital Baucicaut à Paris, auteur d'ouvrages sur le comportement humain en situation sociale, biologiste, jouant  de  philosophie, avec un art de dire les choses. Ses propos, à la fois avant-gardistes et vieillots, nous parviennent dans un amalgame ingénieux de divers travaux de recherche, pas nécessairement les siens, tous plus ou moins remodelés pour brosser une toile bien pensée qui risque au moins de plaire à l’esprit. Des rongeurs de Pavlov, à travers la théorie de la fuite de Cannon, pour finir sur la psychosomatique d'Alexander, sans qu'un seul d'eux ne soit même mentionné, on assiste au traitement Laborit, sauce poétisée, de science et d’art, n'hésitant pas à réduire la sociologie humaine aux déboires d'un animal perdu.

 

En terminant, soulignons l’exemplaire direction d’images et de scènes, le choix si personnel d’interprètes.  Nicole Garcia, personnalité dont le charme surprend en douce. Gérard Depardieu qui, pour une fois, ne domine pas la situation.  Et Roger Pierre, que tonalité de voix et technique de jeu enveloppent d’un caractère inhabituel.

 

Une tricherie intellectualisée? Sans nul doute, une entreprise de séduction qu'on se doit de voir. À chacun son oncle d'Amérique. Celui-là nous vient d'Europe.

 

FICHE TECHNIQUE :  "MON ONCLE D'AMÉRIQUE"

 

Réalisation: Alain Resnais Scénario: Jean Gruault, inspiré par les travaux du professeur Henri Laborit -Images: Sacha Vierny -Musique: Arié Dzierlatka -Interprétation, Géra rd Depardieu (René Ragueneau), Nicole Garcia (Janine Garnier), Roger-Pierre (Jean Le Gall), Marie Dubois (Thérèse Ragueneau), Nelly Borgeaud ( Arlette Le Gall), Pierre Arditi (Zambeaux), Gérard Darrieu (Veerstrate), Phillippe Laudenbach (Michel Aubert), avec la participation du professeur Henri Laborit -Origine: France -1980 -125 minutes

 

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